Le « selfie », nouvelle arme incontournable de la politique

a441b555-d01d-4609-a8fd-3985e076701a_640x440.jpg

On fait grand cas de l’habitude persistante du premier ministre Justin Trudeau de se prendre en « selfie » avec les différentes personnes qu’il rencontre. Plusieurs questionnent cette pratique iconoclaste, qui ne sied pas à la fonction de premier ministre ; il n’y a qu’à se rappeler des commentaires lors de son passage dans le métro de Montréal au lendemain de son élection en octobre dernier.

Cette réticence face à la pratique du « selfie » rappelle les questions qui se posaient, il y a seulement quelques années, quant à l'utilisation des médias sociaux par les politiciens. Les commentateurs des médias traditionnels s’interrogeaient à savoir si l’utilisation de Facebook était compatible avec la fonction de politicien. D’autres questionnaient la présence de politiciens sur le réseau Twitter, estimant que leurs responsabilités s’en trouvaient négligées.

Les temps ont bien changé et on admire depuis les politiciens ou les organisations politiques qui maîtrisent parfaitement l'utilisation des médias sociaux. On leur attribue un formidable pouvoir de mobilisation, une plus grande capacité à rejoindre les jeunes, si bien qu’on ne conçoit plus la politique sans la maîtrise des médias sociaux. Lors des dernières élections fédérales, à l’automne 2015, l’impact des publications et des interactions a été étudié plus que jamais. Le gagnant de la lutte sur la sphère des médias sociaux ? Le même que celui sur les bulletins de vote.

Twitter célébrait récemment son 10e anniversaire : on se demande aujourd’hui où sont les politiciens qui n’en sont pas des utilisateurs assidus. C’est la même chose pour Facebook.

Pas de « selfie », pas de dessert

Elle est loin l’époque où nos dirigeants faisaient peindre de grands tableaux à leur effigie. Presque aussi loin que l’époque où l’on portait un macaron avec leur visage en noir et blanc.

Se prendre en « selfie » avec un citoyen, c’est tout bénéfice, parce que cela crée automatiquement un mini-média pour le politicien en question. Cette photo va circuler : auprès de la famille, auprès des amis, dans les médias sociaux. Elle va générer des discussions. Le bénéficiaire va partager ses impressions – généralement positives – sur cette personnalité politique.

Lorsque le politicien publie un « selfie » sur son propre compte, il nous fait entrer dans son intimité. Il nous transfère une dose d’émotion positive. Il nous rappelle aussi que le politicien descend de l’humain.

Il se passera certes quelque temps avant qu’on cesse de prétendre que la prise de « selfie » est l’apanage du premier ministre Justin Trudeau ou de la ministre Mélanie Joly. La caricature tient encore, mais il suffit d’une brève visite sur les comptes des politiciens de toutes les tendances pour constater que la pratique est beaucoup plus répandue qu’on le laisse croire.


Partagez cet article