Attentat de Nice : le rôle des émotions dans les choix politiques

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Les professionnels du marketing ont compris depuis des décennies le rôle des émotions dans l'acte d'achat. L'emballage, le nom, les couleurs : rien n'est laissé aux hasard pour que le produit corresponde aux émotions recherchées par l'acheteur : supériorité, raffinement, compassion, etc.  

Dans les affaires publiques, les émotions restent un tabou dont on commence à peine à se débarrasser. Il le faut pourtant, puisque ces émotions génèrent des opinions dans le public, puis dictent les comportements de nos décideurs. Les décisions politiques contribuent ensuite à conforter les opinions, dans le dialogue incessant entre les émotions et la rationalité.

Un sondage Odoxa, réalisé pour le compte de France Info et Le Parisien, en montre un exemple éloquent. Sans surprise, les Français y ont répondu qu’ils étaient « indignés » dans une proportion de 78 %. Mais la firme de sondage voulait en savoir plus. Les Français donc ont été interrogés pour connaître leur sentiment premier au moment d’apprendre l’attentat de Nice : 47 % ont dit ressentir de la peine, 62 % ont dit ressentir de la colère et seulement 14 % ont dit ressentir de la peur.

C’est lorsqu’on recoupe ces résultats avec les opinions politiques que ce sondage prend tout son intérêt : en majorité, les électeurs de gauche affirment que leur premier sentiment est la peine (54 %), tandis que les électeurs de droite identifient plutôt la colère (71 %). Chez les électeurs du Front national, la colère est le premier sentiment dans 85 % des cas.

Pris à lui seul et hors contexte, ce sondage ne nous permet pas de tirer de conclusions quant à la primauté des sentiments ou des opinions fondées sur une rationalité. Il nous permet toutefois d’ajouter une brique à l’édifice et de nous rapprocher du jour où l’émotivité aura sa place dans les stratégies d’affaires publiques.

 

Crédit photo : REUTERS


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